Première publication : 6 novembre 2004, mise en ligne:
dimanche 6 novembre 2005, par J.Botiba
Le 11 novembre prochain, comme chaque annee en France, nous commemoreront l’armistice signe a Compiegne le 11 novembre 1918. Au Royaume Uni et dans tout le Common Wealth, une autre ceremonie se deroulera le deuxieme dimanche de novembre : The Poppy Day ou plus exactement Remembrance Day. En ce jour, plus que la fin de la premiere guerre, les Britanniques se souviennent des soldats vivants ou morts au champ d’honneur.
A cette occasion, les etrangers auront la surprise de voir de nombreuses personnes des plus chics aux moins select arborer a leur veste un Poppy, cocquelicot en plastique vendu par la Legion Royale. Les benefices de cette vente sont reverses a une association d’aide aux veterans de guerre et a leur famille.

Campagne dans le Tube
La premiere celebration du Remembrance Day a fait suite a la proposition d’un journaliste, Edward George Honey, en mai 1919. Le 7 novembre 1919, le roi de Grande Bretagne, George V, decretait deux minutes de silence nationale en l’honneur des soldats morts au champ d’honneur :
"All locomotion should cease, so that, in perfect stillness, the thoughts of everyone may be concentrated on reverent remembrance of the glorious dead."
Pourquoi une fleur, pourquoi le cocquelicot ?
Durant la premiere guerre mondiale, les mouvements des troupes et l’intensite des combats a deterre en grande quantite des graines de coquelicots autrefois piegees sous terre, causant une floraison sans pareille. Ce fut notamment le cas a Ypres en Belgique. Le phenomene a inspire un poeme devenu celebre depuis, In Flanders Fields (Au champ d’honneur) du soldat John McCrae.
In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row
That mark our place ; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
We are the Dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
Take up our quarrel with the foe :
To you from failing hands we throw
The torch ; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.
John McCrae (1872 - 1918)
et sa traduction par Jean Pariseau
Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix ; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.
Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici,
Au champ d’honneur.
À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.
(Adaptation signée Jean Pariseau, CM, CD, D. ès L.
(histoire)
Le poeme de Rae rappelle aux vivants de le devoir de lutter pour leurs valeurs. Cette conscience du Devoir et une grande reverence pour l’armee sont toujours extremement vivaces dans toutes les couches de la population britannique ainsi que dans celle du Commonwealth. Offrant en cela un contraste avec l’antimilitarisme francais ou allemand.
A l’epoque, ce poeme a frappe l’imagination de Moina Michael, une Américaine, qui décide alors de porter un coquelicot durant toute l’année en souvenir de ceux qui sont tombés lors de cette guerre. En 1920, Madame Guerin, une Francaise reprend l’idee et decide de vendre des coquelicots et d’en reverser les benefices aux orphelins de guerre. Elle convaincra ce qui deviendra plus tard la Legion Royale britannique de la soutenir dans cette action. Depuis, chaque annee, les coquelicots sont un symbole de soutien a ceux qui sont morts au champs d’honneur.

Au cours des recents conflits et trouble dont notamment le 11 septembre, les politiques et les associations impliques dans la collecte des Poppies semblent vouloir investir la symbolique du Poppy d’une nouvelle dimension plus orientee vers la paix. En Grande Bretagne cependant ou les familles pleurent les morts d’hier et apprehendent celles de demain la ceremonie liee au 11 novembre, me semble plus vivace et plus empreinte de sens que la commemoration francaise d’une victoire tombant peu a peu dans l’oubli.
Ne nous y meprenons pas ! Le souvenir des guerres ont du bon tant qu’elles nous empechent d’en commetre d’autres ou tant qu’elles nous rappellent qu’il faut savoir dire non et defendre des valeurs que l’on estime justes et defendables meme si le prix en est eleve et tant qu’elles nous rappellent que certains l’ont fait pour nous dans le passe. Si l’on retient ces lecons, alors l’oubli d’une guerre apres plusieurs decennies n’a, en soi, rien de regretable, et peut meme etre souhaitable.
En savoir plus :
En Anglais : http://www.bbc.co.uk/dna/h2g2/alabaster/a653924
En Francais : Toute la documentation francophone sur le sujet provient du Canada. http://www.vac-acc.gc.ca/general_f/sub.cfm?source=feature/week/remdayfact
En Francais : http://pages.infinit.net/syrius/coquelicot.htm
Article en Francais avec des points vue genre microtrottoir : http://www.peicaps.org/generations/francais/hist1.htm